Je Fais du Libre et Je m’en Fous

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Ceux qui me connaisse savent que cela fait depuis que je touche à un ordinateur que je travaille avec du Free Software. Si j’ai choisi WordPress comme élément de base à tout notre travail ce n’est pas pour sa gratuité  car il était loin d’être le seul à remplir ce critère. Non si j’ai choisi WordPress c’est avant tout car il s’agit d’un Free Software et qu’il est réellement performant.

Réveil à 4h18 pour vous parler du libre

Mais pourquoi je me mets à parler de cela ? Car 4h18 vient de publier un billet sur « l’esprit du libre » sous-titré « WordPress est un logiciel qui nous vient du monde libre et de la licence GPL, pour autant, peut on faire n’importe quoi avec les travaux des autres ?« . Il m’est impossible de rester de marbre face au très grand nombre d’erreurs et d’approximations dites dans ce billet – et encore plus du fait qu’il s’adresse directement à moi et que nous avons déjà au des conversations sur se sujet grâce à Skype :)

Cet Édito est en quelque sorte une manière de vous faire partager notre débat passionné au sujet du libre et de WordPress. Si vous ne connaissez pas encore 4h18, lisez ce billet sur l’Association WordPress France et vous comprendrez pourquoi il a été intéressant de débattre de e sujet avec Stéphane..

En outre, Stéphane, rédacteur émérite de 4h18, me permet d’aborder mon ressenti de la communauté WordPress, qui me semble perdre de vue ce qu’est vraiment le Free Software, cela fut frappant au 1er WordCamp de Paris avec la présence en guest star de Microsoft, que je n’ai toujours pas digéré :)

Ce billet est donc une réponse, mais j’espère aussi que cela permettra à tous d’y voir plus clair dans ce que je pense êtrele free sotfware, bien plus que de la gratuité…

L’Histoire du libre ? Un détail de l’Histoire WordPress.

Comment un article qui s’appelle l’esprit du libre  peut-il commencer en disant :

Je ne vais pas m’attarder sur l’histoire du Libre, que je connais très mal, mais plus sur l’instant T. La façon dont je vois un peu les choses.

Si l’Histoire n’était qu’un détail, tous les Historiens devraient être au chômage alors, car il est bien connu que les vainqueurs ne modifient jamais l’Histoire à leur besoin. À mes yeux, il est impossible de statuer, donner mon avis, sur quelque chose que je maitrise ne pas.

Alors permettez moi de vous raconter une histoire, notre histoire à tous.

Il y a longtemps de cela, était l’Informatique. Née de parents attentionnés, passionnés et dévoués, l’Informatique était un gros bébé. Son berceau se trouvait réparti sur des étages entiers d’immeubles.

À cette époque, l’Informatique était réservée à quelques rares initiés, chercheurs en laboratoire la plupart du temps. Dans la recherche, il est normal de faire bénéficier à tous les autres de ses recherches et de ses découvertes. On ne peut pas progresser si on ne se repose pas sur les autres. De quelques parents aimant, l’Informatique à vue son nombre de contributeurs s’agrandir de jour en jour.

L’informatique a continué à grandir en diminuant de taille et en commençant à investir de plus en plus de lieux. Dans son sillage, des entreprises sont nées, bénéficiant du travail que ces chercheurs ont mis en œuvre. Mieux, les entreprises développaient leurs produits en étroite collaboration avec les universités et laboratoires de chercheurs. Tout se passait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Les entreprises respectaient l’éthique des scientifiques et mettaient toujours à disposition de leurs clients au minimum un guide expliquant le micro-logiciel, au mieux le code source de ce dit micrologiciel, ou drivers (chose que l’on utilise toujours, pour une carte graphique par exemple).

Pourquoi ? Car il était tout à fait normal à l’époque de vouloir adapter le matériel à ses réels besoins.

Mais voila, la concurrence monétaire entre les entreprises ont poussé Xerox, dans les années 1980, à masquer le code source de leur dernière invention d’imprimante, afin que la concurrence ne bénéficie pas du travail de Xerox. Pire, l’industrie dégaine l’argument du droit d’auteur et impose des accords de non divulgation à toute personne approchant le code source. Certains scientifiques accepteront de signer ces accords et se mettront de fait hors de leur communauté scientifique, au profit des intérêts d’une multinationale.

D’autre résisteront, comme Richard Stallman. Je serais tenté de vous faire un résumé de son combat, mais lisez la biographie de Stallman, elle est gratuite.

Afin de préserver l’idéologie qui avait toujours primé dans le monde des hackers, la licence GNU/GPL est née. La licence GNU/GPL est un copyright tout aussi fort qu’est le CLUF que vous signez en installant par exemple la suite Office de Microsoft. La différence réside dans le fait que ce droit d’auteur ne vous enferme pas, il vous libère. Grâce à la licence GPL, vous savez tout de suite que vous êtes libre de lire le code source du programme pour vous en inspirer, libre de le modifier comme bon vous semble et libre de le redistribuer à qui vous voulez, sans être obligé de demander la permission à l’auteur. Bien entendu, cela se fait avec une certaine éthique, celle de toujours citer le ou les auteurs originels.

À partir de ce moment là, l’informatique s’est transformée pour devenir informatique libre d’un côté, et informatique privatrice de l’autre.

Choisir WordPress c’est donc un choix technique, mais avant tout un choix philosophique. Qu’on le veuille ou non. La seule façon que ce ne soit pas un choix philosophique, c’est d’étouffer l’histoire comme ça personne ne le saura.

La licence GNU/GPL se fait bien trop discrète dans la communauté WordPress. Car non, WordPress n’est pas un logiciel qui vient du monde du libre et de la licence GPL, WordPress est libre et sans la GPL, il n’existerait pas.

Car ce que le billet de Stéphane passe totalement sous silence sont les origines de WordPress. WordPress est-il né de ce génial Matt ? Bien sur que non. WordPress, c’est un projet qui a récupéré un autre projet GNU/GPL, B2/cafelog.

Mais comment blâmer Stéphane de ne pas en parler quand même l’association WordPress France ne prend pas le temps d’expliquer la GPL et ses implications lors de la présentation de B2/Cafelog, qui s’est résumé en un enchainement d’anecdotes, sans jamais parler philosophie. Alors si même l’auteur d’origine n’en parle pour ainsi dire pas du tout… comment insuffler l’esprit du libre à toute une communauté…

La GNU/GPL n’est qu’un détail de l’Histoire WordPress, c’est certain.

Je suis un vilain Communiste

Je suis désolé, mais les propos suivants manquent de précision :

Lors du dernier Wordcamp, Sébastien que je ne connaissais alors pas, fit une sortie des plus incisives et remarquée à l’endroit du représentant de Microsoft, présent pour nous parler des outils mis disposition par sa firme pour utiliser WordPress dans de bonnes conditions.

Microsoft n’était pas là pour nous parler, mais bien là pour nous vendre quelque-chose. Et Microsoft ne nous a présenté aucun outil utile à WordPress, mais des outils pour travailler sous… Azur, le produit que Microsoft voulait nous vendre. Rien à voir avec de bonnes conditions d’utilisations.

Cette présence démontre un changement radical de la marque dans son approche du monde Libre, elle qui le combattait de toutes ses forces sous l’ère Bill Gates. Voilà qui aurait dû ravir quelque peu notre ami Sébastien, mais ce ne fut vraiment pas le cas.

Ca me ferait presque rire si ce n’était pas aussi grave.

Un changement radical… d’approche du business je dirais oui. Car revenons sur ce que Microsoft était venu vendre… Azur. Qu’est-ce donc que Azur ? Azur, c’est le cloud made by Microsoft. Mais savez que ce cloud étant hébergé aux États-unis, il est soumis au Patriot Act ? Vous savez, cette loi qui autorise le gouvernement américain à accéder à toutes les données stockées sur son sol. Tiens c’est bizarre, Monsieur Microsoft ne nous en a pas parlé. Pour la défense des libertés et du libre… on repassera non ? En outre, j’ai offert un droit de réponse à Monsieur Microsoft sur ce blog. Il s’était engagé verbalement à venir répondre. Nous attendons toujours.

Ceci pour dire qu’il m’arrive souvent d’entendre que les grosses boites, les vilains capitalistes, ont voulu ou veulent encore la mort de cette communauté, que les licences commerciales, c’est la mort de la créativité et ainsi de suite.

Si les sigles TCPA/Palladium, DRM, DAVDSI, HADOPI, PUR – et aussi la carte d’identité biométrique-  ne sont pas la preuve par A+B que les grosses entités commerciales tentent de verrouiller le libre depuis toujours… alors il serait tant de refaire un peu d’histoire.

La loi HADOPI est née il y a très longtemps, dans les années 90. Ses vrais papas sont Intel, IBM et Microsoft.

Au commencement était Intel avec le Pentium III. Intel a eu la grande idée de vouloir ficher tous les possesseurs de Pentium III en intégrant un numéro d’identification unique dans la puce. Cette innovation a été cachée au grand public, mais découverte grâce à des hackers. Tollé aux USA, Intel est contraint de désactiver ce numéro de série.

IBM et Microsoft, défenseurs de nos libertés, se sont dit, tiens, en voila une bonne idée, et si on pouvait identifier chaque utilisateur pour vérifier si il nous piraterait pas un peu quand même ce vilain utilisateur final. Est né alors  TCPA/Palladium. L’idée ?

Une puce électronique, TCPA, se charge de démarrer en partie la machine afin de faire une vérification disque complète. Une fois la vérification faite et les numéros de série des logiciels installés relevés, entre en jeu Palladium qui se connecte à distance sur un serveur afin de dire si oui ou non, la machine est à jour de ses licences. Si tout va bien, la machine a le droit de démarrer. Si ce n’est pas le cas, elle refusera de démarrer vous invitant à vous acquitter de votre dime.

Mais voila, encore un fois, c’était trop gros pour que ca passe.  Les activistes, entre autre, du logiciel libre se sont insurgés, faisant plier les deux géants. Enfin… presque.

Le couple TCPA/Palladium n’a pas vu le jour, mais IBM commercialise bien cette puce à des fins d’identification forte et Microsoft à mis en place Microsfot Genuine sur Windows XP (je ne suis plus très certain du nom du logiciel…).

Si l’on ferme la porte à Microsoft, celui-ci sait rentrer par la fenêtre. Après deux échecs cuisants, ils ont prit le problème à l’envers et cherché un cheval de Troie. Celui-ci fut l’industrie musicale. Franchement, pensez-vous que l’idée des DRM soit née dans la tête d’une personne de l’industrie du disque ? Ça serait pas un chouillat trop technique ?

Et voila comment Microsoft, Apple et toutes les compagnies y ayant un intérêt se sont engouffrées dans la brèche pour en arriver à nous pondre une loi contra la non sécurisation de son accès internet et non pas contre le téléchargement comme on l’entend partout. Loi qui au passage viole l’esprit de notre droit, celle de la présomption d’innocence. Mais c’est bien connu, quand on à rien à se reprocher hein…

Je ne pense pas que l’on puisse dire que la chasse au libre et à nos libertés soit une simple vue de l’esprit.

La GPL, C’est faire n’importe quoi

WordPress est un logiciel qui nous vient du monde libre et de la licence GPL, pour autant, peut on faire n’importe quoi avec les travaux des autres ?

WordPress est un logiciel qui nous vient du monde du libre et de la licence GPL…. Comment dire. WordPress n’est pas pas un logiciel qui vient du monde du libre, WordPress est libre. Ces propos sous entendraient presque que WordPress est maintenant autre chose que cela. De même pour la licence GPL… ce n’est pas juste un détail, c’est un fondement.

Peut-on faire n’importe quoi avec le travail des autres ? Je pense que cette question veut en vérité dire As-tu le droit de réduire à néant le travail d’un pauvre mec qui vend son plugins 10€ sur son site alors que ca lui a demandé 6 mois de travail ?

Qui pourrait-être pour cela ? Personne. Tout travail mérite salaire… mais aussi étonnant que cela puisse paraitre, il y a aussi des gens qui travaillent par passion, en tant que hobby ou outils de notoriété. Donc sans besoin de rémunération, si ce n’est la beauté du geste.

Merci pour nous, il est tout à fait possible de monter une agence, d’employer quatre personnes et de vivre parfaitement du libre.

Par contre si la question est Ai-je droit de modifier et de revendre/redistribuer un logiciel que j’ai acheté sur une boutique de thèmes/templates ? alors la réponse est sans équivoque, oui.

La GPL, j’en Parle mais je la connais pas

Ce qui me chagrine avec cette introduction, c’est qu’elle remise la licence GPL au second plan, comme si ce n’était qu’un détail, je l’ai déjà dis.

Est-ce de la faute du libre si des gens font reposer un business sur quelque chose qui pourrait s’écrouler du jour au lendemain ? Vendre du thème et du plugin premium, c’est peut-être de l’argent à la clé, mais surtout un grand risque à terme pour la boite. Ce n’est pas pour rien que Matt était opposé à l’introduction de telles pratiques.

Il ne faut pas être un grand érudit de la GPL pour se rendre sur la FAQ  et y trouver ces quatre points, capitaux dans  notre conversation autour de la monétisation de WordPress.

Voici ce que nous dit cette fameuse FAQ, visiblement si difficile à trouver qu’on la passe sous silence.

Does the GPL allow me to sell copies of the program for money? (#DoesTheGPLAllowMoney)

Yes, the GPL allows everyone to do this. The right to sell copies is part of the definition of free software. Except in one special situation, there is no limit on what price you can charge. (The one exception is the required written offer to provide source code that must accompany binary-only release.)

Does the GPL allow me to charge a fee for downloading the program from my site?

Yes. You can charge any fee you wish for distributing a copy of the program. If you distribute binaries by download, you must provide “equivalent access” to download the source—therefore, the fee to download source may not be greater than the fee to download the binary.

Does the GPL allow me to require that anyone who receives the software must pay me a fee and/or notify me? (#DoesTheGPLAllowRequireFee)

No. In fact, a requirement like that would make the program non-free. If people have to pay when they get a copy of a program, or if they have to notify anyone in particular, then the program is not free. See the definition of free software.

The GPL is a free software license, and therefore it permits people to use and even redistribute the software without being required to pay anyone a fee for doing so.

If I distribute GPL’d software for a fee, am I required to also make it available to the public without a charge? (#DoesTheGPLRequireAvailabilityToPublic)

No. However, if someone pays your fee and gets a copy, the GPL gives them the freedom to release it to the public, with or without a fee. For example, someone could pay your fee, and then put her copy on a web site for the general public.

Si certaines personnes avaient pris le temps de lire cela avant de croire que c’était un mine d’or… Faut pas venir pleurer après et inverser la problématique.

Acheter et redistribuer, c’est voler le travail des autres

Saviez-vous que tous les plugins et les thèmes que vous achetez pourraient être librement redistribués sur votre blog ? Alors pourquoi doit-on toujours les payer ? Par ce que les blogeurs WordPress ont une grande charité envers ceux qui essaient de percer ? Certainement pour certain. Mais pour la majorité, c’est parce qu’ils touchent 50% de toutes les ventes faites sur les sites de thèmes et plugins WordPress. La cupidité attirant la cupidité, aucune redistribution n’est faite et pire… tout ce qui est un tantinet poussé comme plugin ou thème se retrouve maintenant payant. Il est beau l’esprit du libre.

Avant de dire que l’on vole quelqu’un en redistribuant son travail, il ne faudrait pas oublier sur quoi repose son travail. Cette entreprise qui vend du theme ou du plugin ne fait-elle pas reposer l’ensemble de ce qu’elle vend sur une solution que l’on trouve gratuitement et librement sur le net ? Projet qui ne vit que grâce à ces contributeurs (là, je m’avance un peu, je ne sais pas comment est financé le développement de WordPress). Pensez-vous que WordPress aurait connu ce succès, qui fait qu’aujourd’hui le marché est de 16% des installes dans le monde, si celui-ci avait été payant ? Il est normal que le libre ouvre un immense marché, mais il serait immoral de vouloir faire respecter… la morale de base.

Oui le logiciel libre est politique, c’est un fait. Si on est pas content, on redéveloppe un WordPress fermé et on en reparlera.

Si demain nous faisons tous cela, je suis près à parier que la sphère WordPress risque de vite se casser le gueule. Non, il me semble des plus loyal et logique qu’une personne soit rétribuée pour ses travaux, c’est la base même de l’économie mondiale.

Cette phrase sonne comme un fait établi. Si WordPress connait du succès, c’est qu’il y a des thèmes et plugins payants (j’imagine sous entendu « de qualité » comme si tout ce qui était payant était de qualité). Et voila qu’on refait l’histoire.

Non, si WordPress connait un succès immense, c’est avant tout dû à sa gratuité et à tous les thèmes et plugins qui au début étaient bien souvent gratuits. Je ne dis pas que le premium n’y contribue pas également. Je le sais car nous sommes abonnés à WPMU… Qui a dit que je refusais de payer ?

Un plugin Premium, c’est forcément de la qualité

Permettez moi de mettre le doigt sur un… détail. Le diable se cache dans les détails décidément.

Il est toujours fait mention de mise à disposition gratuite. Comme si un plugin ou un thème premium WordPress était forcément parfait, que sa mise en libre disposition signifiait la mise à mort de l’auteur ? Mais n’avez-vous jamais acheté de plugin qui ne marchait pas, ou ne faisait pas 10% de ce qu’il prétendait ? Et on fait quoi dans ce cas, on met un mouchoir dessus et on passe à autre chose ?

Bien sur que non, on met le plugin en libre téléchargement soit en y apportant ses propres modifications, soit en espérant que quelqu’un soit capable de le modifier pour nous. Qui sait. C’est ça aussi la liberté de redistribution.

De plus, il n’y aurait que ceux qui font du premium qui souffrirait de la copie ? C’est ne pas connaitre WooTheme, qui a forké de façon lamentable JigoShop pour en faire WooCommerce, plutôt que de contribuer au projet initial afin de gagner en notoriété.

Qui vole qui ?

Alors dans ce cas, il est impossible de faire de l’argent avec le libre !

Si il y a bien une chose qui m’agace plus que tout, c’est qu’on réduise la philosophie du logiciel libre à la gratuité. Le logiciel libre est tout, sauf gratuit.

Ce ne sont pas des machines qui font le logiciel libre, mais bien des humains. Et ça peut paraitre encore une fois étonnant, mais même si on travaille avec du libre, on a besoin de manger. Et aux dernières nouvelles, nous avons encore besoin d’argent pour cela.

Je n’ai jamais prôné la destruction d’entreprises, ni la misère d’une personne. Mais est-ce de ma faute si le business plan n’a pas été bien conçu ? Vendre du service est certainement une des rares manières de toucher le grand public, ou alors il faut rester dans le domaine du B2B, sans chercher à faire de revente.

Une Fondation pour rester libre

Pour ce qui est de WordPress Matt Mullenweg a eu la bonne idée d’adosser WordPress à une fondation, ainsi, il protège son bébé pour un bon bout de temps, lui permettant de rester dans le monde Libre, tout en continuant à grandir et à prendre des …. parts de marché sur la création de sites web.

La fondation de Matt ne protège en rien la liberté de WordPress. WordPress est libre et le restera, merci à la GNU/GPL. L’existence de la fondation est certainement là pour assurer promotion et pérénité au projet, qui le nécessite, tout comme la Fondation Mozilla ou la Free Sotfware Foundation. Ce type de fondation est courante dans le monde du libre et souvent financé par de rare personne.

Le jour où WordPress deviendra payant

Mais au fond, le quidam, je crois qu’il s’en fout un peu. Pour lui, c’est gratuit, tant mieux, il en profite. Le jour où WordPress deviendrait payant, il s’en ira voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Peut être certains sites mettront la main à la poche pour se payer la licence. Mais rien de plus.

Le jour où WordPress deviendra payant, tu verras l’apparition de ce que l’on appelle des forks, fruits de développeurs libristes, qui te permettront de continuer à bénéficier de toutes les modifications faites par Automattic dans WordPress. Ça c’est déjà vu par le passé car il suffira à un développeur dans le monde de s’acquiter de sa licence pour soit la redistribuer au monde entier, soit copier et implémenter les changements faits dans WordPress.

Ce qui est intéressant dans le cas de WordPress, c’est tout l’éco-système qui s’est bâtit autour. Avec des centaines de sites vendant du thème Premium, d’autres des plugins, d’autres des hébergements spécialisés, ou encore Automattic, société de Matt Mullenweg, vendant des services dédiés à WordPress, ce sont des millions de dollars qui circulent tous les jours autour de WordPress. Sans compter tous les indépendants, qui, comme moi, gagnent leur vie en vendant leurs services autour de WordPress.

On ne peut que se féliciter que le libre fasse vivre des gens dans le monde. Le libre ne prône pas l’implosion du système capitaliste, il en vit aussi. Mais encore une fois, on assiste à un mélange des idées. D’un côté de la revente de logiciel, de l’autre du service. Le cas de Matt est pourtant le meilleur exemple. D’un côté, il met à la libre disposition de tous un logiciel sur lequel il ne touche pas un centime. De l’autre, il vend du service spécialisé. Et ca cartonne car il est le papa de WordPress, un des rares qui puissent se prétendre expert WordPress !

Être incohérent, c’est certain

Si nous avions dû attendre du libre qu’il nous donne des ordinateurs puissants, peut-être serions-nous encore en train de patienter, et de téléphoner avec un bee-bop.

Si un certain Denis Ritchie n’avait pas existé, tout ce que nous connaissons n’existerait même pas. Microsoft, Apple, Xerox, Google et Cie ont toutes bâties leur histoire sur le libre, croire le contraire serait de la désinformation.

Défendre bec et ongles le Libre, quand on travaille sur des machines « Made in China », avec des composants issus des plus grosses firmes mondiales, je dis pourquoi, mais ce n’est pas cohérent.

Il ne faudrait pas confondre l’informatique libre avec Amnesty International. Est-il juste possible d’acheter un ordinateur dont les composants ne sont pas issus de multinationales made in china, comme si cela n’était pas gage de qualité ?

Ceci est un non argument au mieux, une tentative du FUD au pire.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais

Comme dans tout domaine, il existe la théorie, et il existe aussi la pratique, la réalité du terrain. GPL ou non, si demain vous vendez vos travaux sous cette licence, je pense que je ne goûteriez que très qu’un petit malin vienne mettre ce boulot en téléchargement libre, même si c’est son bon droit.

Bien entendu, je ne pourrais pas venir à imaginer un seul instant que l’auteur de ces quelques phrases ait déjà téléchargé au moins un MP3, ou téléchargé un DIVX, ou peut-être juste regardé une série en streaming sur Meagaupload car on apprécie pas lorsqu’un petit malin vient mettre ce boulot en téléchargement libre. Deux poids deux mesures ? Son travail, celui des autres ?

Certainement pas bien entendu.

Un autre détail qui a son importance, je suis le responsable de plusieurs personnes car je ne suis pas un entrepreneur seul, mais bien le responsable d’une agence. Nous gagnons notre vie en très grande partie grâce au libre. Nous utilisons tous les jours du libre, et en ce qui me concerne, je n’utilise que cela. Aucune trace de logiciel privateur sur ma machine.

Ce qui ne nous empêche pas de cotiser à l’AFUL et à l’APRIL, d’avoir des abonnements chez WPMU et WooThemes, et d’acheter les plugins pour WP e-Commerce… Arrêtons de croire que défendre le libre c’est défendre la gratuité.

Les commentaires sont ouverts, n’hésitez pas à débattre.

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à propos de l'auteur

Responsable de l'agence web ecommerce éponyme, j'ai décidé de créer ce blog ecommerce pour mettre à disposition de tous des conseils et astuces sur le ecommerce, le référencement, les réseaux sociaux, l'emailing et tout ce qui touche de prés ou de loin au ecommerce.

12 commentaires

  1. Bonjour 

    Débat très intéressant, qui resitue bien les origines du libre et de manière très claire. J’avoue n’avoir jamais trop exploré / cherché à comprendre les licences X ou Y…Et pourtant m’arrive de diffuser des trucs « libres » également (mais bon sans ces histoires de licence…) ; est-il besoin absolument de dire « c’est sous licence trucmuche » pour diffuser du libre ?

    • pour que ton travail soit concidéré comme libre, oui il faut bien l’indiquer clairement, que ce soit du code, des images, de la musique, un blog…

  2. Merci pour ce débat, certes compliqué, mais intéressant. Personnellement, j’utilise WordPress, parce que c’est gratuit, libre, performant et, surtout, parce que c’est devenu une sorte de standard mondial qui me permet d’assurer une pérennité à mon blog. Les milliers de thèmes et extensions gratuits sont autant de possibilités d’améliorations très diverses et puissantes.

    J’ai lu une fois qu’ »utiliser un autre système que WordPress, c’était aller au devant de problèmes, tôt ou tard ». C’était sans doute exagéré. Mais c’est vrai que c’est un système qui rassure. 

    • J’ai lu une fois qu’ »utiliser un autre système que WordPress, c’était aller au devant de problèmes, tôt ou tard ». C’était sans doute exagéré. Mais c’est vrai que c’est un système qui rassure.

      Je comprend où tu veux en venir, la question du standard et de la pérennité, et je te rejoins là-dessus mais en fait…

      Avec les brevets logiciels, c’est tout l’inverse.

      Il est de plus en plus souvent régulier de lire, sur les blogs Américains pour l’instant, de ne plus utiliser les FOSS , ne s’étant pas acquitté des licences qu’imposent le monde de « la propriété intellectuel ».

      Si les entreprises faisaient valoir leurs brevets sur des plateformes tel WordPress, il y a fort à parier que plus d’un site se retrouvera devant les tribunaux.

      Un peu de prospective :
      Disons qu’Amazon ait réussi à faire breveter l’achat en un clic. Vous utilisez une installation WordPress avec un plugin ecommerce qui vous permet… l’achat en un clic.
      Vous aurez trois solutions :
      - Le développeur de ce plugin paie la licence et vous serez tranquille,
      - Vous fermez votre site,
      - Vous attendez que les avocats d’Amazon découvrent votre site.

      La « propriété intellectuel » est un terme inventé car il ne signifie rien et regroupe tout et n’importe quoi. Parlons de droit d’auteur ou de brevet.

      À titre indicatif, le droit d’auteur a été inventé au moyen-âge. Je pensais que notre esprit avait su évoluer entre temps…

      Mais les brevets logiciel… c’est encore plus terrible.

      Qui peut prétendre être le propriétaire d’une idée ? Il est tout à fait possible que deux personnes dans le monde aient la même idée, en même temps… ou sans jamais avoir eu connaissance de se qu’avait imaginé cette autre personne.

      Avec les brevets logiciels, toutes idées mathématique sera brevetable…
      Combien demain feront 1+1 ?
      Je ne pourrais donner la réponse qu’après mettre acquitté de la licence d’utilisation de cette « idée mathématique ».

      Si rien n’est fait, il suffira de continuer à utiliser du logiciel libre pour aller au devant de problèmes. Cela n’est pas une intuition, cela fait bien longtemps que les hostilités ont démarré. Du haut de ma petite histoire, DeCSS est un cas emblématique (http://fr.wikipedia.org/wiki/DeCSS).

  3. Je réalise que le commentaire que je viens de poster est géré par Disqus… Je ne connais pas très bien, mais j’ai un peu l’impression que ce site est un peu à l’opposé de l’esprit du libre : les commentaires sont tous centralisés en dehors du blog, c’est ça ? J’avoue que je n’aime pas beaucoup, mais c’est peut-être parce que je n’ai pas tout compris de l’intérêt de ce système. 

    • Ta question m’interpelle beaucoup.

      Lorsque j’ai demandé que soit ajouté Disqus à ce blog, j’ai pensé en mode ‘open source’. Disqus est GPL, performant, permet d’ajouter des fonctionnalités très intéressantes comme le login par Facebook ou Twitter, la centralisation de tous les commentaires de l’utilisateur sur tous les blogs Disqus pour les suivre facilement et… c’est tout en fait. Cela me semblait être amplement suffisant pour justifier ce choix.

      Si la centralisation était un mal alors un système comme Akismet, qui est aussi payant il ne faut pas croire, Automattic ne devrait-il pas cesser de l’installer d’office ?

      Deux poids, deux mesures ?

      Si ta question m’interpelle tant, c’est qu’elle fait référence à l’esprit du libre, et non à l’esprit Open Source.

      Je ne sais pas si tu fais mention du libre du fait que ce mot soit le seul utilisé ici, ou parce que tu as bien noté qu’au fond, le libre attend plus du logiciel que l’Open Source, il en attend la « Liberté, l’Égalité, et la fraternité ». L’Open Source se limitant à la possibilité de lire le code et à la réunion d’un groupe de personne autours d’un projet.

      Le Free Software est politique alors que l’Open Source est bien plus « technique ».

      Lorsque tu parles centralisations des données, je pense que tu parles surtout de ta notion de liberté à toi, utilisateur et commentateur de ce blog. Liberté de ne pas t’obliger à centraliser tous tes commentaires fait sur tous les blogs de la planète sur un seul système. Alors que j’y voyais un excellent moyen pour faciliter la vie de nos lecteurs.

      L’enfer est pavé de bonnes intentions…

      Disqus est donc officiellement désactivé sur ce blog… il me reste encore à supprimer toutes les données sur le serveur pour effacer toutes trace ;)

      Bon, maintenant que je suis en paix avec ma conscience, je vais enfin pouvoir prendre un café :)

  4. Merci Sébastien, pour toutes ces réflexions intéressantes. J’avoue que je ne suis pas du tout spécialiste de l’open source ou du libre. Je l’utilise (Ubuntu, Firefox, WordPress, etc.) et du coup, je fais de mon mieux pour essayer d’en comprendre l’esprit et les principes de base. Au delà des notions politiques ou philosophiques, petit à petit, je découvre surtout tous les intérêts personnels que je peux en tirer. Par exemple, avec WordPress sur un hébergement mutualisé, au lieu d’utiliser Blogger (Google), je pense mieux maîtriser les fonctionnalités et le contenu de mon blog. (WordPress.com se situerait un peu entre les deux.)

    Par rapport à Disqus, je reste humble, je n’ai pas la prétention de savoir ce qui serait « bien » ou « mal ». Cet outil répond effectivement à un besoin, c’est certain. D’ailleurs, je ne vois pas beaucoup de systèmes similaires à Disqus permettant de retrouver ses commentaires dispersés à droite à gauche. A part faire une recherche sur un moteur de recherches… D’ailleurs, cette problématique rejoint en partie celle de l’inventaire de ses backlinks.

    Ceci dit, personnellement, pour mon blog, j’avoue que je préfère conserver la maîtrise de tous les commentaires, qui font partie intégrante de mon blog. Donc, je ne me vois pas les externaliser.

    En tous cas, garde ta liberté, tu as le droit de garder Disqus ou pas, comme tu le sens.

  5. Pingback: Tutoriels pour WordPress | 308lauranne

  6. Très bon article, merci ! C’est clair, structuré. Je ne sais pas si le reste de l’article de 4h18 est du même acabit, mais c’est assez triste ! Difficile (comme souvent lorsque l’on oppose le logiciel libre au propriétaire) de ne pas penser en terme politique.
    Par contre, je suis étonné de lire qu’une extension ou un thème hérite de la licence GPL, puisque tu affirmes que ces éléments, s’ils sont payants, peuvent être en suite redistribués librement. Ne serait-ce que pour le thème, s’il y a création graphique, il y a une notion de droit d’auteur qui, en théorie, est inaliénable. Sans parler des droits patrimoniaux. Donc comment conclus-tu cela ?

    PS : Un bon article de Stallman sur les notions de libre et open source : http://www.gnu.org/philosophy/open-source-misses-the-point.html

    • 4h18 est un ami, même si le ton ne semble pas le laisser deviner ;) Mais je profitais surtout de son article pour rebondir dessus, ayant tellement entendu souvent le même discours.
      Oui, le logiciel libre, c’est de la politique… mais le business n’aimant pas trop la politique…

      Pour ta remarque sur les thèmes et plugins, j’ai bien peur que tu ais raison, il semblerait que des restrictions existent sur les CSS notamment… le diable se cache dans les détails. Je trouve ça limite lamentable.

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